Entrepreneurs? pas vraiment…

Je viens de tomber sur un article que j’avais écrit lorsque j’étais toujours étudiant dans le cadre d’un projet commun entre les Universités francophones et La Libre Belgique/La Première. Si mes souvenirs sont bons, le projet devait porter le nom bien choisi de “paroles d’étudiants”… Le texte était publié dans LLB et lu en antenne dans un magazine économique de La Première. Alors je vous laisse découvrir le texte et à vous de juger si des progrès ont été réalisés depuis 2005…

Entrepreneurs ? Pas vraiment…

L’avenir de la Wallonie passe-t-il par la création d’entreprise ou par le redéploiement des industries existantes ? Les wallons sont-ils prêts à entreprendre ? Avons-nous les qualités nécessaires pour entreprendre et créer les emplois dont nos régions ont tant besoin ? Les derniers résultats du Global Entrepreneurship Monitor, une étude internationale sur l’esprit d’entreprendre, sont peu convaincants à ce sujet. En effet, la Belgique se situe sous la moyenne européenne des « entrepreneurs en herbe ». Alors la faute à qui ?

La mentalité générale est probablement à mettre en cause, le « non-droit » à l’échec, la peur, mais le rôle de l’éducation sont aussi essentiels. Que ce soit au sein de nos universités, où dans les filières de gestion, on entrevoit bien souvent qu’une carrière dans l’audit ou la consultance comme débouchés possibles, ou encore dans les hautes écoles ou les cours de sensibilisation à l’entrepreneuriat sont peu présents. Je crois qu’il faut encore remonter plus en amont, jusqu’en secondaire ou même dans les cours d’écoles primaires… N’incombe-t-il pas aux enseignants de donner l’esprit d’initiatives aux jeunes étudiants ? Les jeunes n’ont-ils pas trop l’habitude d’être assistés, tenus par la main, et ce jusque la fin de leurs études ? Les enseignants et surtout les parents, dans leur rôle éducatif, devraient favoriser et encourager la responsabilisation des jeunes car n’oublions pas que c’est en forgeant que l’on devient forgeron… Je ferais simplement un parallélisme avec le Québec. Je crois que nous avons beaucoup à apprendre de leurs méthodes, et de leur façon de vivre : les jeunes sont responsabilisés nettement plus tôt et doivent par leurs initiatives subvenir à leurs besoins, tandis qu’il n’est pas rare chez nous de vivre chez ses parents jusqu’à la fin de ses études, vers 23 ans, si tout va bien…

Certes, il existe de nombreuses initiatives qui mettent en exergue les capacités entrepreneuriales des jeunes et qui les poussent à se lancer. Je citerai à ce titre les très bons programmes développés par LES JEUNES ENTREPRISES (Mini-entreprise, Young Enterprise Project…) ou encore ceux développés à l’initiative la FONDATION FREE. Mais malgré leurs bienfaits certains, je ne pense pas que ces programme de sensibilisation soient suffisants. Il faudrait que nos politiques en prennent conscience et qu’ils mettent en oeuvre des changements audacieux dans les méthodes d’enseignement afin de pouvoir voir se créer à long terme les entreprises dont la Wallonie a tant besoin. De plus, il faut que chacun prenne conscience que l’avenir de sa région passe par lui-même avant tout…


Thomas Leclercq

Président d’ENTREP’RUNNERS ASBL

Club Etudiants Entrepeneurs de l’Université de Liège

Etudiant en 3ème épreuve du grade d’Ingénieur de Gestion

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Le marketing "éthique"

Voici un article sur les bonnes oeuvres des marques de luxe paru dans “Le Monde” récemment, je trouve que si l’on peut s’intérroger sur la finalité, on peut également s’étonner des montants mobilisés. Le marketing peut-il être éthique? Bonne lecture.

Le marketing éthique des maisons de luxe, Le Monde, 25 décembre 2008

Avant Noël, les marques de luxe ont multiplié leurs opérations caritatives en faveur des enfants défavorisés ou de la recherche médicale. Des bonnes actions qui visent aussi à humaniser ou à rectifier leur image en période de crise.Sous l’impulsion de sa directrice de création, Frida Giannini, Gucci (groupe PPR) a créé depuis trois ans une collection exclusive, dont 25 % des ventes sont versées au profit des différents programmes de l’Unicef en Afrique subsaharienne (soins médicaux, protection des orphelins et enfants atteints du sida, assainissement de l’eau…). Cette ligne de produits – Tattoo Heart -, qui va du sac à main à broderie, en python blanc et en forme de coeur à 3 290 euros, à la simple bougie à 65 euros, sera vendue dans vingt pays jusqu’à fin janvier. Tous événements confondus, Gucci a apporté plus de 5 millions de dollars (3,5 millions d’euros) à cette organisation caritative.

De son côté, le joaillier italien Bulgari espère récolter une dizaine de millions d’euros en 2009 pour l’organisation non gouvernementale (ONG) Save the children – elle participe notamment à l’éducation des enfants dans les zones de conflit -, grâce à la commercialisation d’une petite bague en argent et la mise aux enchères de créations de haute joaillerie. Versace n’est pas en reste et aide, en Chine, la Fondation One, créée par l’acteur Jet Li, pour aider les enfants atteints de troubles psychologiques posttraumatiques. Plus discrète, la maison Hermès a initié le 20 novembre la Fête de la couleur en partenariat avec l’Unicef pour défendre les droits des enfants. Chaque année, 150 créateurs de mode participent à une grande braderie, le premier week-end de décembre, dont les fonds sont versés à l’association AIDES qui lutte contre le sida. La dernière a rapporté plus de 200 000 euros.

A l’origine de la très chic marque de vêtements pour enfants Bonpoint, Marie-France Cohen, peine à créer une fondation, baptisée Merci, pour aider les enfants de Madagascar. Grâce aux dons de couturiers – dont Yves Saint Laurent, Stella McCartney ou Paul Smith -, elle souhaite ouvrir en mars une boutique à prix raisonnables à Paris, dont tous les bénéfices iraient à la fondation. Ce qui juridiquement semble être un beau casse-tête. Les exemples de bonnes oeuvres dans le luxe sont donc légion.

SE REFAIRE UNE VIRGINITÉ

Aux yeux du sociologue Gilles Lipovetsky, “le secteur n’échappe plus à la logique de la communication. Il doit prendre en compte des problèmes sociétaux, universels, comme le développement durable ou les droits de l’homme”. Cette hybridation de la frivolité et de l’éthique vient du fait que le luxe s’adresse désormais à tous, comme le montre l’omniprésence des campagnes de publicité du secteur.

“Le processus de mondialisation contraint le luxe à s’interroger sur lui-même. Longtemps, sa légitimation venait de la position sociale de ses clients. Ce n’est plus vrai : il est sorti de sa confidentialité bourgeoise”, poursuit le sociologue. Selon lui, il copie les techniques marketing de la grande consommation. Les “produits-partage” qui consistent à reverser à l’Unicef 1 euro pour l’achat d’un Big Mac existent depuis des années. Ces opérations caritatives permettent au luxe de légitimer ses marques, de rectifier une image, de se refaire une virginité.

Gilles Lipovetsky rappelle qu’historiquement la culture du luxe a toujours été liée à une dimension de générosité, ou “aux cadeaux ostentatoires” des cérémonies du potlatch des Indiens d’Amérique du Nord. Longtemps, les riches devaient donner sans quoi ils perdaient leur statut. Aujourd’hui, les marques de luxe ne sont pas obligées de donner, mais elles y ont intérêt. “Donner à des oeuvres comme l’Unicef ou à la recherche pour le sida s’apparente à des opérations de marketing éthique”, dit-il. Au point où l’on assiste entre les marques à une rivalité dans ce domaine, “la même qui les pousse à essayer d’avoir la tour la plus haute à Ginza, le quartier chic de Tokyo”.

Elyette Roux, professeur de gestion à l’université Paul-Cézanne d’Aix-en-Provence confirme que “la culture du don et de la redistribution d’une partie des richesses aux plus démunis fait partie intégrante de la culture du luxe. Hermès, Cartier ou LVMH l’ont toujours fait. La plupart du temps de façon discrète, comme quelque chose d’inhérent à leurs valeurs. Gucci, Bulgari ou Versace s’y mettent de façon plus récente. Pour faire du marketing intelligemment ? Imiter leurs concurrents ? Avoir aussi leurs oeuvres” ? Si la crise avait pour effet de stopper ces actions, “cela montrerait qu’il ne s’agissait que de moyens conjoncturels de se donner bonne conscience”, tranche-t-elle.

Nicole Vulser

Article paru dans l’édition du 26.12.08.

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