J'ai fait HEC et je m'en excuse…

Voilà un titre bien bizarre me direz-vous! Et bien c’est le titre d’un livre que j’ai lu d’une traite lors de mon dernier voyage pour rentrer en Chine, ceci dit le livre n’était pas très épais je le concède…

L’auteure de ce livre s’appelle Florence Noiville et est journaliste au Monde. Diplômée d’HEC, de Sciences Po et titulaire d’une maîtrise de Droit des affaires, elle a commencé sa carrière dans la finance avant de tout abandonner pour la culture. Et on ressent dans son livre qu’elle a franchi un cap en changeant de carrière et que c’était nécessaire.

Ce livre part d’un postulat simple: puisque les tops business schools forment “l’élite” de ce monde, ne sont-elles pas quelque part aussi responsables de la faillite économique actuelle? Ne devrait-on dès lors pas réformer en long et en large les programmes de formations de ces écoles pour qu’ils prennent enfin en compte les enjeux sociaux et environnementaux? En un mot n’est-il pas temps de repenser les écoles du capitalisme pour repenser la finalité des entreprises?

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Pour ma part, la réponse est simple: OUI ! J’ai cru pendant un moment que vu l’ampleur des dégâts laissés par la dernière crise, on allait changer un peu les règles du jeu: recadrer les performances sur le long terme, légiférer davantage pour encadrer les entreprises et surtout les banksters, etc… J’étais bien naïf! C’est toujours le même modèle qui prévaut, et l’auteure en parle justement fort bien dans son livre: MMPRDC: Make More Profit, the Rest we Don’t Care about!

Quand on parle avec des gens passés par les mêmes business schools, on sent comme une sorte de malaise finalement assez tenace: le système ne tourne pas rond. Mais une chose qui est encore plus tenace: la facilité avec laquelle, on peut l’oublier une fois que le bonus annuel; ou pire, de fin de trimestre tombe sur notre compte en banque… Mais pourtant on essaye de se donner un peu de sens, on “milite” pour des ONG, on fait un petit don par-ci, un petit don par-là, mais hop le lundi on retourne au boulot et on crée de nouveaux instruments financiers encore plus complexe à tour de bras, on vend des choses que l’on ne connait pas et dont les gens n’ont pas besoin,… J’ai tendance à penser que la schizophrénie touche plus d’un cadre de nos sociétés modernes… Mais difficile de cracher dans la soupe dans laquelle on mange depuis longtemps, trop longtemps. Mais je pense honnêtement qu’il est possible de changer de cap, la question est quand et comment? Je n’ai pas encore de réponse pour ma part, mais croyez-moi j’y pense! En attendant je dis, moi aussi j’ai fait HEC, et je m’en excuse…

Je n’ai pas fait le même HEC que l’auteure, pour ma part, je suis passé par les bancs de HEC – Management School de l’Université de Liège, franchement plus modeste… Mais à la lecture de la dernière édition du magazine de l’école, je me dit qu’ils pourraient faire partie de ceux qui repenseront l’enseignement des business schools de demain… Mais franchement, à la lecture de ce magazine, on se demande s’il est encore possible après avoir fait HEC de travailler ailleurs que dans la finance! Cependant, un point positif au tableau tout de même: le magazine consacre plusieurs pages au département d’entrepreneuriat social, et la grande nouvelle est que HEC va proposer un master avec une spécificité pour l’entreprise sociale. j’espère seulement que le nombre d’étudiants inscrits sera à la hauteur des espérances! Je vous laisse juger par vous-mêmes, vous pouvez consulter ce document ici:

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Allez, on reste positif!

Thomas

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Entrepreneurs? pas vraiment…

Je viens de tomber sur un article que j’avais écrit lorsque j’étais toujours étudiant dans le cadre d’un projet commun entre les Universités francophones et La Libre Belgique/La Première. Si mes souvenirs sont bons, le projet devait porter le nom bien choisi de “paroles d’étudiants”… Le texte était publié dans LLB et lu en antenne dans un magazine économique de La Première. Alors je vous laisse découvrir le texte et à vous de juger si des progrès ont été réalisés depuis 2005…

Entrepreneurs ? Pas vraiment…

L’avenir de la Wallonie passe-t-il par la création d’entreprise ou par le redéploiement des industries existantes ? Les wallons sont-ils prêts à entreprendre ? Avons-nous les qualités nécessaires pour entreprendre et créer les emplois dont nos régions ont tant besoin ? Les derniers résultats du Global Entrepreneurship Monitor, une étude internationale sur l’esprit d’entreprendre, sont peu convaincants à ce sujet. En effet, la Belgique se situe sous la moyenne européenne des « entrepreneurs en herbe ». Alors la faute à qui ?

La mentalité générale est probablement à mettre en cause, le « non-droit » à l’échec, la peur, mais le rôle de l’éducation sont aussi essentiels. Que ce soit au sein de nos universités, où dans les filières de gestion, on entrevoit bien souvent qu’une carrière dans l’audit ou la consultance comme débouchés possibles, ou encore dans les hautes écoles ou les cours de sensibilisation à l’entrepreneuriat sont peu présents. Je crois qu’il faut encore remonter plus en amont, jusqu’en secondaire ou même dans les cours d’écoles primaires… N’incombe-t-il pas aux enseignants de donner l’esprit d’initiatives aux jeunes étudiants ? Les jeunes n’ont-ils pas trop l’habitude d’être assistés, tenus par la main, et ce jusque la fin de leurs études ? Les enseignants et surtout les parents, dans leur rôle éducatif, devraient favoriser et encourager la responsabilisation des jeunes car n’oublions pas que c’est en forgeant que l’on devient forgeron… Je ferais simplement un parallélisme avec le Québec. Je crois que nous avons beaucoup à apprendre de leurs méthodes, et de leur façon de vivre : les jeunes sont responsabilisés nettement plus tôt et doivent par leurs initiatives subvenir à leurs besoins, tandis qu’il n’est pas rare chez nous de vivre chez ses parents jusqu’à la fin de ses études, vers 23 ans, si tout va bien…

Certes, il existe de nombreuses initiatives qui mettent en exergue les capacités entrepreneuriales des jeunes et qui les poussent à se lancer. Je citerai à ce titre les très bons programmes développés par LES JEUNES ENTREPRISES (Mini-entreprise, Young Enterprise Project…) ou encore ceux développés à l’initiative la FONDATION FREE. Mais malgré leurs bienfaits certains, je ne pense pas que ces programme de sensibilisation soient suffisants. Il faudrait que nos politiques en prennent conscience et qu’ils mettent en oeuvre des changements audacieux dans les méthodes d’enseignement afin de pouvoir voir se créer à long terme les entreprises dont la Wallonie a tant besoin. De plus, il faut que chacun prenne conscience que l’avenir de sa région passe par lui-même avant tout…


Thomas Leclercq

Président d’ENTREP’RUNNERS ASBL

Club Etudiants Entrepeneurs de l’Université de Liège

Etudiant en 3ème épreuve du grade d’Ingénieur de Gestion

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